Certains disent que ce n'est pas un film, certains disent que oui c'est un grand film, d'autres disent que c'est un documentaire ou alors d'autres confirment que c'est un patrimoine cinématographique.

Pour ma part, le film ''Le Mans'', est un chef d’œuvre où documentaire, fiction, réalisme, tout fusionne dans ce film qui est juste parfait !

Steve Mc Queen ( dit « The King of Cool ») participait régulièrement en compétition automobile.

Il s'achètera une Porche 908 (précisément une spyder 908/2) en 1969 et prendra des cours de perfectionnement avec le pilote Richie Ginther avant de s'engager dans de grandes courses.

Il participa aux 12H de Sebring en mars 1970, en tant que coéquipier de Peter Revson (pilote de F1), sur sa Porsche 908 et finira deuxième.

De quoi mettre en confiance l'acteur pour participer aux 24 Heures du Mans 1970 au volant d'une Porsche 917 (affrontant Ferrari) engagée par John Wyer Automotive Engineering et en faire un film !

Steve McQueen devait être le partenaire du pilote Jackie Stewart, mais les assurances refusèrent sa participation à la course automobile...

Alors l'acteur décida de se concentrer uniquement sur son film mettant en avant ce qui le tenait le plus à cœur : les 24H du Mans.

Pour certaines scènes de course, Steve Mcqueen et sa production "Solar Productions", décidèrent d'engager aux 24 Heures du Mans 1970 sa Porsche 908/02 (N°29), équipée pour la première fois dans l'histoire, de plusieurs caméras (trois) embarquées en pleine course.

Ces caméras sont destinées à emmagasiner le maximum d'images pour le film « Le Mans ».

Le poids des caméras et l'altération aérodynamique due aux capots protecteurs dégradent complètement la tenue de route. Les pilotes ne peuvent faire mieux que le 31e temps aux essais avec un meilleur tour en 4 minutes et 03 secondes.

Jonathan Williams confiera que la 908 donnait l'impression permanente qu'un pneu était crevé !

Le départ est le moment le plus spectaculaire de la course et John Sturges qui dirigeait alors le film, confie au pilote Herbert Linge (faisant équipe avec Jonathan Williams) de prendre le départ au volant de la Porsche 908 et la responsabilité de filmer. 

La capacité des caméras étant plus faible que celle des réservoirs, la Porsche 908 doit s'arrêter dès le deuxième tour pour faire le plein de pellicules. Elle fera ainsi plus le plein de pellicule que le plein de carburant sur 24 heures de course.

Pilotée avec ménagement, elle faillit ne pas voir la fin de la course, car vers 3 heures du matin avec une météo très pluvieuse, Jonathan Williams partit en aquaplaning sous la passerelle Dunlop, les rails de sécurité se chargeant de remettre la voiture dans le droit chemin.

Malgré cet incident, elle effectue une remontée très régulière pour passer sous le drapeau à damier en 9e position. Malheureusement elle ne sera pas classée pour distance parcourue insuffisante (en comptant en plus les nombreux accidents, il y a seulement 7 voitures classées aux 24H du Mans 1970), mais la grande mission d'emmagasiner le maximum d'images pour le film (qui devait sortir l'année suivante) est un grand succès !

 

En plus, il paraît selon certains témoignages et la légende, que Steve Mcqueen, en pleine nuit de la course des 24H du Mans 1970, loin des caméras et des journalistes, a piloté sur sa Porsche 908/02 (N°29) pendant plusieurs tours de pistes... La passion n'a pas de limite !


Après la course, place au tournage qui débute le 15 juin 1970 (le lendemain des 24H du Mans).

Steve McQueen voulait présenter les 24 heures du Mans sous la forme d'un documentaire, cependant la CBS (Columbia Broadcasting System ) qui produisait ce film, souhaitait une histoire à suspense, pour tenir les spectateurs en haleine, dans le genre histoire dramatique...

 

Le résumé du film, est le suivant, Michael Delaney, pilote de course américain joué par Steve McQueen, revient à la compétition un an après avoir gravement été accidenté en course.

Alors qu'il se prépare à affronter son rival, l'allemand Erich Stahler, joué par Sigfried Rauch, dans le cadre des 24 heures du Mans, une histoire d'amour débute avec la femme de Belgetti, jouée par Elga Andersen, le pilote qui a péri l'année précédente dans l'accident dont McQueen a rechappé de justesse.

Le film montre le grand duel entre Ferrari et Porsche aux 24H du Mans et il faut bien le dire, l'histoire des 24H du Mans est constituée de nombreux duels depuis son origine ! 

 

 

Pour le début du film, Steve McQueen et John Sturges (pressenti comme réalisateur) n'étaient pas d'accord.

Steve McQueen, désirait que le film commence 15 minutes avant le départ (à 16H).

John Sturges voulait installer le film en débutant l'action trois ou quatre jours avant la course.

Tous ces petits tracas firent que le tournage du film (sur le circuit des 24H du Mans) a débuté sans scénario, avec pour seul but de filmer la course !

Il faut savoir que Steve McQueen a beaucoup participé dans la construction du film, sur l'histoire et le tournage.

Plusieurs écrivains participèrent à l'écriture du scénario, notamment Harry Kleiner et Ken Purdy.

Ils travaillèrent sur le script dans une caravane de Solar Productions à proximité du Mans.

 

 

Pendant le tournage du film sur le vrai circuit des 24H du Mans, Steve McQueen va s'entourer de conseillers techniques et de pilotes professionnels de la course.

 

 

Le budget de 5,5 milliards de francs (de l'époque) permit à Steve McQueen de louer ou d'acheter les meilleures voitures, que dis-je les héroïnes du film.

25 voitures seront utilisées pendant ce tournage sur notre beau circuit français, parmi elles, des Porsche 917 + Porsche 908/2 (N° Châssis, 22) de Steve McQueen + des Lola T70 Mk III GT + des Ferrari 512S ( dont une 512S Berlinetta : N° chassis 1026 fournie par l’écurie Francorchamps de Jacques Swaters , pilotée par Derek Bell dans le film, elle est détruite pendant le tournage, le feu ayant pris dans le cockpit. Derek Bell est brûlé au visage.

Nick Mason le batteur de Pink Floyd l'a reconstruite + des Ferrari 512M Berlinetta + 1 Chevron + Matra 650, Alfa Romeo, Sonauto, Greder Racing et quelques autres fourniront également des voitures.

 

Certaines furent mises en vente après le tournage. Ces voitures seront entretenues dans un garage d'Arnage. Andrew Ferguson, ex-manager de l’Écurie Lotus est engagé pour superviser tous les aspects techniques liés à l'utilisation des voitures de courses.

 

D'autres voitures seront transformées pour le tournage du film en voitures–caméras, comme la GT 40 Spyder (N° chassis 1074), équipée d'une caméra Arriflex 35 mm installée dans une tourelle derrière le pilote au centre de la voiture. Une caméra Mitchell était également fixée du coté de la portière gauche.

Cette caméra (qui peut pivoter sur 180° pour filmer les voitures qui doublent à 380 km/H) est contrôlée par le cameraman assis à gauche du pilote. Il peut visionner les prises de vues sur un écran de contrôle placé au dessus de ces genoux.

Cette GT 40 fut pilotée par Jonathan Williams et Rob Slotemaker.

Ces appendices (les caméras) la rendaient difficile à conduire mais elle offrait au public la vraie sensation de vitesse de la course du Mans !!

 

 

 

Toute cette organisation titanesque et cette volonté de fer pour produire le film « Le Mans », prouvent que ce film est réellement un hommage au sport automobile et à la compétition des 24 Heures du Mans que Steve Mcqueen aimait par dessus tout.

Son film est un hommage aux pilotes, et à leurs entourages, mécanos, ingénieurs, techniciens etc...

 

Avant d'être un film de légende, "Le Mans" fut un échec commercial. Le comportement de McQueen, obsédé par le résultat final pendant le tournage, avait déjà fragilisé l'équipe, et l'acteur fut finalement contraint de fermer Solar Productions... Mais près de 50 ans plus tard, le film fait désormais partie du patrimoine du cinéma, tout autant que de celui du sport automobile.

Petite anecdote amusante, chaque année, avant le départ des 24H du Mans, des pilotes le regardent la veille pour se mettre dans l'ambiance !

 

Je vous invite chers lecteurs, à voir le film « The Man and Le Mans », révélant les coulisses de la réalisation de ce film mythique : Le Mans

 

Quant à la Porsche 908-camera-car, elle participa de nouveau aux 24 Heures du Mans 1971, 1972, 1973 et 1974 (aux mains de différents propriétaires), où sa carrière fut stoppée nette par un gros accident.

Elle fut ensuite achetée par August Deutsch, un fan, qui l'acheta initialement comme une voiture pour pièces de rechange.

D'abord restaurée par Deutsch avec des pièces non originales, elle fut ensuite retapée par Hubertus Grad Dönhoff, qui proposa son aide à Deutsch, à condition de la restaurer dans sa condition originale. 

La Porsche 908/02 - châssis N°22 a finalement été terminée le 5 août 2000, date à laquelle Deutsch a pris part à une course du championnat d'Europe de prototypes et ce n'était que le début !

Elle a même le privilège d'avoir deux carrosseries rappelant son passé :  la version 12H de Sebring et la version camera-car. 

 

 

 

Geoffrey .B

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Commentaires

Lequertier
il y a 4 ans

Pouvez vous m'envoyer l'affiche du film merci