Un circuit n'est pas une simple piste avec des lignes droites et des virages.
C'est un lieu sacré où les histoires s'inscrivent dans chaque parcelle du circuit.
Chaque année, les habitués reprennent place à travers les 13,626 kilomètres du circuit (distance actuelle).
Au fil des années et pour répondre à la volonté de l’ACO de faire progresser la sécurité : le tracé sera régulièrement amélioré.
Notre beau circuit des 24H du Mans, commence avec la ligne droite des stands qui est aussi la ligne droite du départ. Une longue ligne droite où la foule, les flashs, les caméras, les journalistes, les spectateurs, les téléspectateurs sont témoins de chaque passage, où sur cette portion du circuit les départs se succèdent depuis 1923. En effet, du drapeau tricolore au drapeau à damier, les chronomètres, les passages, les spectacles aux stands au niveau des ravitaillements, tout cela demeure dans cette portion du circuit.
Les moteurs poussent au max, pour frôler les 300 km/h au bout de cette première ligne droite de ce circuit unique, encouragés par les supporters venus du monde entier pour soutenir, un pilote, une marque, une équipe, une écurie, une voiture particulière etc...
En fin de cette ligne droite, un ensemble de grands virages apparaît, théâtre de nombreuses tentatives de dépassement dès le départ, c'est la chicane Dunlop (ou Courbe Dunlop).
En effet c'est le premier endroit où les pilotes vont freiner, et tourner. Premier virage à fond, comme un grand prix de F1 sauf que c'est un Grand Prix de 24 heures. Les bolides aux premiers rangs du troupeau, ressentent la pression d'une cinquantaine de bolides derrière eux, et ne doivent pas faire de fautes.
Les pilotes passent sous la passerelle Dunlop, indissociable des 24 Heures du Mans. La passerelle Dunlop enjambe la piste après la courbe et la chicane du même nom. En 1924, ce n’est qu’un simple passage recouvert d’une banderole publicitaire. Elle prend la forme d’un pneu en 1930 et évolue vers celle que l’on connaît aujourd’hui.
Après la passerelle Dunlop: il y a les « Esses » de la Forêt, en référence aux pins maritimes qui ont toujours accentué le charme des lieux. Tout est en descente et peut déséquilibrer la voiture, mais les pilotes négocient cette zone à fond.
Le virage du tertre rouge, est un virage placé juste avant la grande ligne droite des Hunaudières (une départementale ouverte à la circulation le reste de l’année). Certains pensent qu'il n'est pas dangereux, mais c'est faux car des pilotes souhaitent ne pas freiner et directement s'engager dans la grande ligne droite mais attention au tête-à-queue...
La ligne droite des Hunaudières, faisant plus de 6 km de long, est peut-être la plus longue ligne droite sur un circuit de course. Durant cette longue ligne droite, les pilotes poussent leurs moteurs à fond ! Dépassant les 350 km/h pour les prototypes et plus de 300 km/h pour les GT.
Il est très intéressant de constater les pilotes s'étirer, en lâchant le volant quelques secondes alors qu'ils sont à plus de 300 km/h. Les pilotes en profitent également pour boire, parler avec leurs ingénieurs, faire quelques réglages depuis leur volant (de véritables ordinateurs, dépassant 150 fonctions différentes).
Henri Pescarolo, fermait les yeux parfois quelques secondes, pour se reposer un peu...
Le circuit a connu une dizaine de modifications. L'une des plus importantes, est en 1990 où la ligne droite des Hunaudières connaît la création de deux chicanes destinées à augmenter la sécurité et faire baisser les vitesses.
L'origine de cette modification de piste, fut en 1988, où une WMP à moteur Peugeot (un V6 Peugeot turbocompressé), atteint pendant les essais une vitesse de pointe de 416 km/h. L'ACO et la FIA (Fédération Internationale de l'Automobile) réagissent, en limitant les records de vitesses par la construction de ces deux chicanes en 1990.
Peugeot va mettre la pression afin de retenir 405 km/h, car dans la même année la Peugeot 405 sort des usines Peugeot.
C’est aussi à la fin de cette ligne droite que les Mercedes CLR ont effectué de spectaculaires envols en 1999. Par mesure de sécurité, l’écrêtement de la bosse de Mulsanne a été décidé et réalisé en 2001.
Le virage Mulsanne, est un lieu où les freins sont les acteurs les plus importants. En effet les bolides les plus rapides passent de 350km/h à 90 km/h.
Lancés comme des torpilles, les dépassements des bolides sont synonymes de beautés artistiques.
Le public entend au loin le rugissement des moteurs (depuis la ligne droite des Hunaudières), avant de voir les bolides arriver à toute vitesse.
Autrefois les panneautages étaient installés à ce virage depuis l'année 1956, puisque c'est le virage le plus lent à l'époque. Les pilotes avaient plus de temps pour lire les messages ici qu’au passage dans la ligne droite des stands (les mécaniciens, tendaient les panneaux pour indiquer les dires des stands).
La nuit, c'est un spectacle où les couleurs fusionnent. Les disques en carbone, rougeoient dans l’obscurité (les températures dépassent les 800 degrés). C’est le point de freinage le plus intense du circuit.
Les pilotes arrivent à fond de la ligne droite des Hunaudières pour négocier un virage à angle droit avant d'entamer la courbe du golfe.
Le jour ou la nuit, sous l'effet de la vitesse intense, il est fréquent de voir des pilotes, freinant trop tard, dans le bac à sable.
La courbe du Golf, c'est la partie la plus rapide du circuit. Tous les bolides de toutes les catégories, sont à leur paroxysme de leur vitesse de pointe.
Sachant que c'est ici la partie la plus rapide du circuit, c'est également là où les accidents sont les plus ''spectaculaires'' : en observant une autre Mercedes CLR (celle de Peter Dumbreck) qui s'envole en 1999 et l'accident de l'Audi R18 en 2011 où Rockenfeller tape la glissière de sécurité à 309 km/h (sa vitesse de pointe était en hausse...).
Le virage d'Indianapolis, c'est pour moi le plus beau virage du circuit. Déjà présent sur le tracé de 1923 (le virage pas goudronné les premières années), il a évolué au niveau de l’angle d’inclinaison de la route vers la corde, accentué par le passage successif des voitures. C’est cette inclinaison qui explique en partie son nom dans la mesure où il évoque les courses américaines sur l’ovale.
En effet arrivant au paroxysme de leur vitesse de pointe, les pilotes et leurs bolides, affrontent un virage très rapide et magnifique. Il faut anticiper au maximum ce virage car si on ne freine pas au bon moment et si on ne tourne pas au moment précis, nous finissons obligatoirement dans le bac sable en risquant de toucher ... Oui il y a un risque de blocage des roues en raison du dévers de la piste.
La trajectoire est dictée par le virage suivant, Arnage.
Le virage d'Arnage, est actuellement le virage le plus lent du circuit. Si c'est le virage le plus lent, cela veut dire que c'est le virage le plus serré du circuit (un virage droit à 90°) et qu'il faut bien le prendre et bien freiner à temps. Le virage d’Arnage peut être considéré comme quasiment inchangé depuis la première édition de l’épreuve. Pour améliorer la sécurité, un bac à graviers a été aménagé en 2012.
Les virages Porsche, sont l'endroit que les pilotes adorent. Il est possible de tourner légèrement et d'accélérer à fond. Les bolides les plus rapides, prennent ces virages à 220 voire 260 km/h, alors que les bolides les plus « lents » les prennent à 190 voire 200 km/h (qui reste une vitesse très élevée).
Mais hélas, les pilotes sont tellement à fond dans ces virages que cela peut provoquer des accidents dans les virages Porsche...
Les chicanes Ford, sont la dernière étape, avant de terminer un tour complet, et de repartir pour 13 km de bonheur. C'est une zone en double S, où les vibreurs dominent. Il faut faire attention aux suspensions, car des pilotes arrivent trop vite, provoquant des rebonds du bolide en mordant les vibreurs des chicanes Ford. Les virages Ford ont été créés en 1968 et inaugurés par Henry Ford II en personne. Ils étaient destinés à ralentir les voitures avant l’entrée dans la ligne droite des stands.
Juste avant ces chicanes, à droite, il y a l'entrée de la voie des stands, pour changer les pneus, faire le plein, changer de pilote synonyme de spectacle !
Quand les pilotes sortent de leur bolide pour laisser leur place à leur coéquipier, il ne souhaite qu'une chose, y retourner pour arpenter de nouveau ce circuit mythique !
Geoffrey .B
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Commentaires
Magnifique, merci pour ce reportage !!!